27/05/2020 Synthèse

Analyses de l’enquête sur nos nouvelles vies (Partie 3)


Grands changements pour le monde de demain

Face aux grands changements que les participants souhaitent pour l’après-crise, plusieurs grandes familles de préoccupations apparaissent. On retrouve en premier lieu l’environnement (40% des propositions spontanées), les sujets liés à la santé, au social, à la solidarité (14%), la politique et démocratie (11%), l’État et la fiscalité (10%), l’économie (10%), le travail (7%), et enfin des propositions liées davantage à la vie privée (4%).

Plus précisément, le respect de l’environnement, de la nature, de la planète et le développement des circuits courts et du “consommer local” sont les idées les plus plébiscitées par les participants (respectivement 17 et 9% des expressions spontanées). Pour protéger l’environnement, les participants proposent également de moins consommer, changer nos modes de vie, de réduire la pollution, de développer une agriculture bio ou raisonnée, de réduire les déplacements, les transports polluants et la voiture (entre 2 et 3%). 

La redéfinition du rôle de l’État, qui représente 6% des propositions, est la troisième idée la plus soutenue. Cependant, les participants sont partagés entre un renforcement de l’intervention de l’État et un recentrage de ce dernier sur ses fonctions régaliennes.

Sur les sujets liés à la santé, au social ou à la solidarité, c’est l’idée d’un monde plus solidaire et plus “humain” qui ressort le plus fréquemment (3% pour chacune des propositions). Les participants ont également exprimé le besoin d’un monde plus juste, avec en premier lieu davantage de justice sociale et une meilleure répartition des richesses pour réduire les inégalités. Ils considèrent également que l’éducation et la santé, en particulier les hôpitaux, devraient obtenir plus de moyens (2% pour chaque proposition). 

Dans le domaine de l’économie, deux idées apparaissent plus nettement : relocaliser la production et renforcer notre indépendance économique (3%) et donner moins de pouvoir à l’argent, à la finance, ne plus chercher le profit à tout prix (3%). Certains participants vont plus loin en exprimant le besoin de limiter la mondialisation, de mettre un frein à la croissance, voire de remettre en cause complètement le capitalisme. 

Parmi les autres idées spontanément mentionnées dont l’apparition est fréquente, on retrouve le développement du télétravail, la revalorisation des salaires, le renforcement de l’Europe, ou le fait de passer plus de temps en famille (2% pour chaque proposition). 

Pour réaliser ces changements

Pour réaliser ces changements, les participants expriment des actions de deux ordres : 

Le premier est relatif à un changement de comportement des citoyens. En particulier, pour la protection de l’environnement, les participants souhaitent mieux respecter la nature et la planète (6% des propositions),  consommer davantage en circuits courts et auprès des commerces de proximité (5%), consommer moins et changer nos modes de vie (3%), et développer une agriculture bio ou raisonnée (2%). 

Le second changement concerne la prise de décision publique et politique. Les participants souhaitent rendre la démocratie plus participative (4% des propositions), renforcer l’Europe (3%), donner plus de pouvoir aux régions et décentraliser davantage (2%), sensibiliser et responsabiliser les citoyens pour qu’ils changent leurs comportements (2%). Les participants expriment la nécessité d’une prise de conscience globale (2%), de l’émergence d’une volonté politique (2%) et d’un débat autour de lois encadrant les grands changements pour le monde de demain (2%). 

Enfin, les participants estiment qu’une action au niveau économique et fiscal est nécessaire : relocalisation de la production et des industries (4% des propositions), arrêt de la recherche de profit à tout prix et du pouvoir donné à la finance (3%), taxation des produits importés (3%), hausse de l’investissement (2%) et revalorisation des salaires (2%) sont les idées les plus fréquemment mentionnées. 

Action la plus urgente

Lorsqu’on interroge les participants plus précisément sur l’action la plus urgente à mettre en place, les actions liées à la protection de l’environnement arrivent en tête, mais moins nettement que dans la première question (21% des propositions contre 40% pour la première question). Dans cette catégorie, on retrouve notamment le respect de l’environnement (6%), le développement de circuits courts (3%), la baisse de la consommation et le changement de nos modes de vies (3%), la réduction de la pollution (2%) et la mise en place d’une agriculture bio ou raisonnée (2%). 

Les actions de nature économique arrivent en seconde position (14% des propositions). On retrouve notamment la mise en place d’une politique de relance de l’économie (4% des propositions) et le développement du “consommer français” (2%), idées qui n’étaient pas présentes dans les questions précédentes, et des idées déjà mentionnées comme la relocalisation de la production et le renforcement de notre indépendance économique (4%).

Avec un total de 12% des propositions, les mesures liées à la santé et à la solidarité sont en troisième position. On retrouve en priorité le renforcement du système de santé et la hausse des moyens alloués aux hôpitaux (6%) ainsi que la nécessité de reconnaître la primauté de l’humain dans la société (2%). 

Au niveau politique (6% des propositions), deux idées émergent : la nécessité de rendre la démocratie la plus participative possible (2% des propositions) et de changer notre conception de l’Europe (que ce soit vers “plus” ou “moins” d’Europe, 2%). 

Enfin, les actions liées au travail représentent également 6% des propositions. Les participants expriment notamment la nécessité de créer de l’emploi pour tous (2%), de revaloriser les salaires (1%) et les métiers essentiels (1%). 

Changements concrets dans nos vies demain

Pour leurs vies demain, les participants souhaitent avant tout des changements au niveau de leur vie privée (20% des propositions, résultat tout à fait nouveau par rapport aux statistiques du Grand Débat National), de l’environnement (19%) et de leur travail (14%)

Dans le domaine de la vie privée, les participants souhaitent passer davantage de temps en famille (8%), retrouver et renforcer leurs liens et relations sociale (2%), passer plus de temps avec leurs amis et proches (2%) et prendre plus de temps pour soi et afin de “profiter de la vie” (2%). On retrouve également un besoin de réduire le rythme, revenir à l’essentiel, changer de lieu de vie (en quittant les agglomérations pour partir à la campagne par exemple), “cuisiner maison” et faire davantage de choses à la main, développer l’autosuffisance alimentaire, faire du sport, en d’autres termes, adopter un mode de vie plus sain (retour aux valeurs terriennes). 

Le sujet de la protection de l’environnement est à nouveau très présent. Les participants ont exprimé dans 5% des propositions la volonté de moins consommer et de changer leurs modes de vie. Le développement des circuits courts et des commerces de proximité, ainsi que le respect de l’environnement par les gestes du quotidien représentent chacun 4% des propositions. Enfin, on retrouve la baisse de la pollution, en particulier par une réduction des déplacements et de l’utilisation de transports polluants tels que la voiture individuelle au profit des transports en commun, du vélo ou de la marche (5%). 

Concernant le travail, de nombreux participants ont émis le souhait de développer le télétravail (8% des propositions), et en appellent à des changements sur leur vie au travail (3%). Certains expriment le besoin de travailler moins, d’atteindre un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle, de retrouver du sens dans leur métier, et parfois même, de changer de travail. 

La nécessité de faire preuve de davantage de solidarité (2% des propositions) et la volonté de participer davantage à la démocratie, en la rendant plus participative (2%) ont également été mentionnées par les participants, mais plus marginalement en taux de mention spontanée. 

Conserver du monde d’avant

Du monde d’avant, les participants veulent avant tout conserver des choses très concrètes ayant trait à leur vie privée (42% des propositions). La culture, les concerts, le cinéma, l’art représentent 8% des propositions. La famille et les enfants (6%), les relations sociales (6%), les bars, restaurants et cafés (5%) et les amis (4%) sont fréquemment mentionnés par les participants. On retrouve également les voyages (3% des propositions), la convivialité (2%), les contacts humains (2%) ainsi que la technologie et Internet (2%). De façon plus marginale, on retrouve la volonté de continuer à faire du sport, d’avoir des loisirs, d’afficher une joie de vivre et une insouciance dans les propositions des participants.

Les participants sont également attachés à leurs libertés, en particulier la liberté d’aller et venir (8%). La démocratie et la liberté d’expression sont aussi mentionnées par les participants. 

Quant au système social français, il est plébiscité par les participants. Dans 5% des propositions, ceux-ci expriment le souhait de conserver l’ensemble des déclinaisons du modèle social : sécurité sociale, protection sociale, aides sociales, acquis sociaux. Le système de santé et l’accès au soin sont également mentionnés (2%), au même titre que la solidarité de façon plus générale (2%). Enfin, on retrouve parmi les préférences des participants la volonté de protéger l’école, l’éducation et les services publics. 

De façon plus isolée, l’environnement, la nature, la planète, les commerces de proximité et le “local” sont mentionnés chacun dans 2% des propositions, tout comme le travail. 

Priorités gouvernementales pour le bonheur et le bien-être des citoyens

Parmi les actions prioritaires que le gouvernement devrait mettre en place pour garantir les bonheur et le bien-être des citoyens, 23% des propositions des participants concernent la politique et la démocratie en général. Plus précisément, le gouvernement devrait être davantage à l’écoute des citoyens (4%), garantir plus de droits et libertés (3%), se reposer sur le respect et le civisme (3%), garantir la sécurité des citoyens (2%) et “prendre les bonnes décisions” (2%). Sont également mentionnés le besoin de transparence (“arrêter les mensonges”, “dire la vérité”), la sensibilisation des citoyens, le retour aux valeurs essentielles, la mise en place d’une vision d’avenir et de long terme, la restauration de la confiance, et un surplus de communication et de pédagogie (1% pour chaque proposition)… 

La seconde thématique la plus fréquemment mentionnée est celle de la santé et de la solidarité (22% des propositions). Le renforcement du système de santé et la hausse des moyens pour les hôpitaux apparaît particulièrement fréquemment (7%). On retrouve également la réduction des inégalités et une meilleure répartition des richesses (3%), ainsi que la hausse des moyens alloués à l’éducation (3%), à la culture (2%) et la recherche de l’égalité (2%). Enfin, quelques citoyens font référence à un État qui puisse garantir un monde plus juste, plus humain et plus solidaire, avec, parfois, la mise en place d’un revenu universel (1%).

Pour les participants, l’État devrait également être garant de la protection de l’environnement (6% des propositions). Parmi les autres propositions liées à l’environnement, on retrouve le développement des circuits courts, le désengorgement et la végétalisation des villes, la baisse de la pollution, le développement d’une agriculture bio ou raisonnée et le développement des transports en communs et transports propres (1% pour chaque idée). 

Notons que l’emploi occupe une place relativement importante pour les participants (6% des contributions), en particulier la revalorisation des salaires (2%), mais aussi la création d’emploi, la revalorisation des métiers essentiels, le développement du télétravail et la réduction du temps de travail (1% pour chaque idée). 

D’autres préoccupations concernent le bien-être des familles, l’accès au logement ou l’alimentation. Enfin, quand certains participants souhaitent une baisse des impôts et taxes (2% des propositions), d’autres au contraire privilégient une refonte des services publics pour des services de qualité (1%).

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