Médecin, pas héroïne…

Médecin, pas héroïne…

Depuis le début de la semaine, ma mère me téléphone ou m’envoie un sms tous les jours pour prendre de mes nouvelles, me soutenir, me souhaiter bon courage. Elle m’appelle « mon héroïne ». Je lui ai dit que c’était gentil de sa part mais que je ne voulais plus qu’elle utilise ce terme. Je suis médecin, je ne suis pas une héroïne, je ne veux pas être une héroïne. Je veux simplement exercer mon métier dans des conditions décentes. Aller au front pour aider les autres,

Depuis le début de la semaine, ma mère me téléphone ou m’envoie un sms tous les jours pour prendre de mes nouvelles, me soutenir, me souhaiter bon courage. Elle m’appelle « mon héroïne ». Je lui ai dit que c’était gentil de sa part mais que je ne voulais plus qu’elle utilise ce terme. Je suis médecin, je ne suis pas une héroïne, je ne veux pas être une héroïne. Je veux simplement exercer mon métier dans des conditions décentes. Aller au front pour aider les autres, cela fait partie de mon travail mais de là à m’y rendre nue, sans protection … Cela fait des années que les soignants demandent des moyens pour exercer correctement leur métier …Pas écoutés …Aujourd’hui, face à une pandémie, nous existons subitement. On compte sur nous, nous sommes passés du statut d’invisible à celui de héros. Et nous n’avons toujours pas ce qu’il faut … Et c’est trop tard … Nous allons et continuerons d’aller malgré tout au front, parfois nus, avec le stress, la peur et la fatigue, pour aider, pour sauver, sachant très bien que nous aurons des choix terribles à faire d’un point de vue éthique et que nous garderons toujours quelque part dans notre tête, pour le reste de notre vie. Nous ne pouvons pas tout vous dire, pas maintenant. Finalement, je me dis que ma mère a peut-être raison, après tout cela, nous serons peut-être des héros, je serai peut-être une héroïne …

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